Quelques photos de l’abbé Meslé

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L’abbé MESLE

Eugène Meslé 24 Aout 1921-juin 2004CL5013 abbé Meslé

A Allaire de 1958 à 1966

L’abbé Meslé est né à Mohon, en 1921 dans le Morbihan et est décédé en juin 2004 à St Raoul où il est enterré.

Son parcours débute le 31 mars 1945 lorsqu’il est ordonné prêtre, puis il fut vicaire instituteur à Réguiny, vicaire à Guer puis à  Allaire de 1958 à 1966 ; il a été recteur de St Raoul où il était très proche de ses paroissiens. Il participait activement à la vie locale.

 » C’était un homme sympathique, très fort, souriant, à l’aise avec les gens, et grand amateur de photographie… il avait toujours son appareil avec lui, sans doute un Nikon. Il ne faisait que des diapositives ; son plaisir c’était de prendre les gens sur le vif. Il ne demandait pas aux gens de poser. »

Il allait faire développer ses photos à Redon…chez Nédélec ou chez Leboux .Il a marqué son monde.

Il a laissé à Allaire un fonds  très riche qui montre la commune d’Allaire sous tous ses aspects entre 1958 et 1966, période où il était prêtre :

Classeur 1 : Commerces, agriculture, club de théâtre, spectacles, fanfare ou clique, courses de chevaux, sport ( foot, basket, cyclisme), travaux, bâtiments, constructions sur la commune.

Classeur 2 : Fêtes d’écoles ?, de paroisse ?, Kermesses, fêtes de villages.

Classeur 3 :

Classeur 4 :

Grâce à lui , nous avons des traces  d’Allaire à une époque, avant que les grands changements de société n’arrivent !

Il est revenu à Allaire en 2000, invité par Daniel Baron.

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Allaire dans la première guerre mondiale

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Extrait du livre « un combattant de l’ombre dans les bagnes nazis » p144-145-146-147-148 de Béatrice Mounir et Laurent Guillet. Editions association Pierre Régent

29 Avril 1944 :

L’Atterrissage forcé des aviateurs américains à Allaire

Le 29 Avril 1944, deux avions américains revenaient d’une mission sur l’Allemagne et regagnaient l’ Angleterre. Mais l’un des deux avait été touché et son réservoir fuyait, il ne pouvait donc plus traverser la Manche. Les deux aviateurs par contact radio ont alors décidé d’atterrir en parachute après avoir lancé leurs avions en piqué.

L’un des avions est tombé dans un champ situé dans l’actuelle rue des genêts.

Marcel BARON se souvient: « nous étions à l’école dans le manoir de Coueslay*. nous avons entendu un bruit sourd, le maître, l’abbé Le lièvre est sorti, nous l’avons suivi  » arri­vés au milieu de la prairie, près de l ‘actuel lieu de vie le maître nous a dit « regardez le parachute qui descend » . Peu après le parachu­tiste est tombé sur la charpente de la maison Mainguet qui était en construction; la charpente ayant cédé il s’est retrouvé dans la cave.

Emile MAINGUET a précisé qu’il ne s’agit pas de l’actuelle maison Mainguet, rue de Redon mais d’une autre maison située 2 mavant celle-ci, mais il avait fallu la détruire car elle était trop près de la rue. Il a encore en mémoire l’arrivée des allemands sur les lieux: « Les gens avaient fait un trou vers chez Yves Sébillet pour enterrer le parachute, les curieux continuant à se rassembler de plus en plus nombreux sur les lieux, les gendarmes ont ramassé le parachute. Ils ont fait un rapport à la kommandantur de Vannes qui a transmis à celle de Redon,. ce sont les allemands basés à Redon qui sont venus. Un de mes frères, né en 36, a même été mis en joue: « où est l’homme ? » Les allemands étaient nerveux ».

* L’école s’était déplacée à Coueslay car les classes avaient été réquisitionnées par les allemands. Bien que ces derniers aient quitté Allaire depuis trois semaines, la classe continuait au manoir de Coueslay.

Marcel BARON a vu sur les lieux de chute de l’avion « trois personnes se faire secouer, les allemands ont cru que le parachutiste était tombé avec l’avion enfoui en terre,. d’ailleurs ils étaient venus avec quatre cercueils.

Pendant ce temps, le parachutiste avait été pris en charge par le fils de l’instituteur Maurice RENAUDEAU. Ils étaient partis à travers les prairies en direction des Championnais, puis aidés de Paul AYOUL,  ils sont arrivés à la Béraye en Caden chez Monsieur et madame MOQUET. Ce parachustiste s’appelait Norman D. HERS BERGER et était originaire de Poolesville dans le Maryland.

L’autre aviateur était tombé dans un champ près du Vau-Jouan – Alexandrine CRUAUD se souvient: « c’était la saison de sarcler les semis de betteraves et de choux. Ce jour là notre cousine Bernadette était venue pour nous apporter son aide. Les hommes : Alexandre mon frère, Louis et Léon, les commis, étaient occupés soit à étendre le fumier, soit à passer le rouleau dans les champs. Notre attention avait été attirée par des bruits d’avions qui paraissaient venir dans notre direction, à basse altitude. Tout à coup, nous avons entendu un gros « boum » puis un 2ème plus près de  nous. Les hommes qui travaillaient au champ avaient très bien vu l’avion, foncer en piqué. Ils se hâtèrent d’aller sur les lieux de l’accident. Beaucoup arrivaient également des environs. L’aviateur qui s’était éjecté de l’appareil était tombé avec son parachute sur un sapin à environ 150 m de son avion. Celui-ci avait le moteur enfoncé en terre. L’aviateur s’était foulé la cheville en tombant et avait du mal à se dégager de son parachute. Il faisait signe par gestes, aux badauds qui l’entouraient, de s’éloigner car il y avait danger d’explosion de l’appareil ; heureusement, rien ne se produisit. Il fit aussi comprendre aux personnes présentes, qu’elles pou vaient découper le parachute et se servir. C’était une aubaine par ces temps de pénuries.

L’aviateur avait une légère blessure à la tête. Alexandre et Louis le conduisirent à la ferme de la Ville Denée chez Louis Mathurin. Là, sa plaie fut désinfectée à l’alcool de cidre.

 Un peu étourdi par sa chute, il demandait du whissky , les gens de la maison lui offrirent ce qu’ils avaient c’est-à-dire de l’eau de vie de cidre qu’il apprécia beaucoup. Monfrère et Louis le conduisirent ensuite, en le soutenant, chacun d’un côté dans un champ de seigle. Les fils Moureaux du gros chêne lui apportèrent à boire. Pendant ce temps, les allemands sillonnaient toutes les routes avec leurs motos et leurs camionnettes, à la recherche des aviateurs. Ils arrivèrent 40 minutes après leur chute. Pensant qu’ils étaient morts, ils avaient pris la précaution de prendre 4 cercueils.

 A la tombée de la nuit Alexandre conduisit l’ aviateur au Bot. Nous avions dans le village un couple de parisiens monsieur et madame Georges Lebel: Georges était de la classe 42 donc recherché pour aller travailler en Allemagne, il parlait anglais ce qui nous facilita la tâche pour converser avec l’aviateur. Georges partit à la Belle de Mai en Béganne chercher notre cousin Joseph Coyac qui était engagé dans la résistance, pendant ce temps là nous avons soigné l’aviateur, nous lui avons fait un pansement à la tête et nous avons préparé un bain d’eau salée pour sa cheville. Nous nous sommes tous mis à table pour dîner ; il appréciait tout spécialement les saucisses qu’il mangeait sans pain.

 La journée ayant été dure pour lui, il commençait à s’assoupir à table, nous l’avons donc fait coucher dans la chambre. A 2 heures du matin nous l’avons réveillé et nous lui avons fait boire un bon café. Il s’est mis à parler avec Georges et il nous a décliné son identité : il s’appelait Albert G. Johnson, il avait 22 ans et venait du Minnesota ; il était officier américain en stationnement en Angleterre, dans l’attente du débarquement en France. Il disait que le débarquement allié devrait avoir lieu fin mai ou début juin. A3 heures les hommes sont partis au village de Bled où Joseph Coyac les attendait. il avait préparé une maison pour Albert, les résistants de Béganne lui avaient apporté des vêtements civils mais ils étaient un peu trop justes, vu sa forte corpulence ; ils lui avaient apporté aussi du ravitaillement et des cigarettes. Mon frère Alexandre et Georges Lebel lui portèrent des saucisses qu’il réclamait. Georges conversa avec lui. Albert lui dit que son copain Norman et lui avaient participé à un raid sur une ville allemande près de la frontière française. Le réservoir de l’avion de Norman avait été touché par la D.C.A. allemande et il fuyait ; en plus, ils s’étaient égarés. Ils communiquaient entre eux par radio et comme ils ne voulaient pas se séparer, ils avaient décidé d’atterrir ensemble, en pleine campagne, et c’est pour cela qu’ils avaient ensemble lancé leurs avions, à fond, en piqué pour que le moteur s’enfonce dans la terre. Le dimanche nous avons dit adieu à cet ami tombé du ciel et Paul Ayoul et Georges Lebel l’ont conduit à bicyclette chez monsieur et madame Moquet, à la Béraye en Caden, en ‘renant soin d’éviter la grand route. Là, il retrouva son copain Norman.

Depuis la chute de ces 2 avions, les allemands cherchaient toujours les pilotes. Ils reprochaient au chef de gendarmerie, monsieur Le Corre, de ne pas avoir fait une enquête  sérieuse sur cette affaire ; Ils l’ont même mis en joue dans la cour de la gendarmerie. A la suite de cette histoire, il fut chassé de la gendarmerie ainsi que sa femme et sa fille. Nous les avons accueillis chez nous pendant une semaine. Après le départ des allemands nous leur avons livré notre secret ».

 Les 2 aviateurs sont restés quelques jours à la Béraye puis Raymond CHEMIN les a conduit à la ferme du Plessis chez les frères THEBAULT aux Quenues dans une maison inhabitée appartenant aux parents de Jean-Raymond THEBAULT demeurant à Paris. Ils y restèrent quelques jours puis le jardinier de Monsieur MOQUET les conduisit chez Marie MOQUET, soeur de ce dernier à Langon. Ils y reçurent des soins d’André LIBER, pharmacien à Beslé. Ensuite Marie MOQUET les dirigea vers Tours avec de faux papiers. Pendant tout le trajet ils se firent passer pour des sourds-muets. Arrivés à la frontière espagnole ils devaient embarquer pour l’Angleterre mais ils ont été faits prisonniers et conduits en Allemagne où ils sont restés jusqu’à la fin de la guerre.

Après la guerre, Albert a entretenu une correspondance suivie avec Georges LEBEL pendant environ trois ans et lui a raconté toutes ces péripéties.

 

 

 

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Guerre 14-18 : A la recherche de vos ancêtres

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oVous pouvez approfondir les recherches de votre ancêtre à l’aide de la liste non exhaustive de sites Internet ci-après. Si vous n’avez pas d’ordinateur, la Médiathèque ou un membre de votre famille ou de votre entourage peut vous aider dans votre démarche :

1. Mémoire des Hommes
Retrouvez l’ensemble des bases nominatives et fonds disponibles pour les grands conflits mondiaux et opérations extérieures depuis le début du XXe siècle.

– Journaux des marches et opérations des unités engagées dans la Première Guerre mondiale :
http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/article.php%3Flarub%3D2%26titre%3Djournaux-des-unites-engagees-dans-la-premiere-guerre-mondiale

Base de données des Morts pour la France de la Première Guerre mondiale

Sépultures de guerre (recherche et contact des lieux de sépulture). Elle comprend aujourd’hui 660 000 noms et permet de connaître le lieu d’inhumation des personnes décédées au cours des conflits contemporains, également celles de la guerre de 1870-71, reposant dans les nécropoles nationales et les carrés militaires communaux entretenus par le ministère de la défense :

2- Les livres d’or des Morts pour la France de la Grande Guerre

Les Livres d’Or publiés sur le site des Archives nationales comportent la liste des soldats Morts pour la France, classée par ordre alphabétique des départements puis des localités. Ces listes nominatives communales permettent de connaître les nom et prénom de chaque personne, ainsi que la date et le lieu de son décès. Le lieu de sépulture, en revanche, n’est pas indiqué, pas plus que l’unité à laquelle le soldat était rattaché, sauf exceptions. En principe, les personnes mentionnées sont celles qui sont nées ou résidaient dans la commune au moment de la mobilisation, mais un flou a longtemps subsisté sur cette question ; c’est ce qui explique, pour une part, les divergences entre les listes communales de Morts pour la France et les noms portés sur les monuments aux morts.

Rendez-vous dans la Salle des Inventaires Virtuelle, cliquez sur Recherche multicritères, puis sur Rechercher dans tous les inventaires. Dans Recherche libre, tapez « Livre d’or communes », si vous indiquez le nom d’un département, l’instrument de recherche vous donnera accès à la liste des communes de ce département. En un clic, vous aurez le registre sous les yeux que n’aurez plus qu’à feuilleter.

 

Le livre d’or de la commune d’Allaire comporte 12 pages :


3. Bretagne 1914 – 1918

Site créé en 2009 par Yannick QUERE. Bretagne 1914-1918 vous propose de retrouver vos ancêtres soldats morts pour la France pendant la 1ère guerre Mondiale:

http://bretagne1418.bzh/
4. Archives Départementales du Morbihan

– Répertoire « état civil » :

Ensemble des registres paroissiaux et d’état civil depuis le 16e siècle des communes du Morbihan.

– Répertoire « registres matricules » :
Registres matricules des classes 1867 à 1921. Ce sont plus de 250 000 soldats morbihannais dont on peut désormais retracer le passé militaire.

– Sur d’autres répertoires, vous avez aussi accès au Cadastre napoléonien, à la presse ancienne et à des collections de photographies représentant des paysages du département et des scènes de vie quotidienne morbihannaises.
http://recherche.archives.morbihan.fr/n/archives-en-ligne/n:5
5. Archives Départementales de Loire-Atlantique
Rubrique « Guerre » pour les conscrits militaires
Rubrique « Généalogie » pour les registres d’état-civil et recensements de la population
http://archives.loire-atlantique.fr/jcms/chercher/archives-numerisees-fr-c_5562

6. Archives Départementales d’Ille et Vilaine

Rubrique « Registres paroissiaux et état civil » pour les actes de naissances, mariage et décès
Rubrique « Généalogie » pour les tables de registres matricules militaires et les recensements.
http://archives-en-ligne.ille-et-vilaine.fr/thot_internet/FrmSommaireFrame.asp

7-Autres sites
Association Mémoire de la Grande Guerre : Site officiel de l’association Mémoire de la Grande Guerre
http://www.memoiredelagrandeguerre.com/
Association 1914-1918 : Site associatif sur la Grande Guerre 1914-1918
http://www.association14-18.org/index.htm

 

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Des juifs à la Boucelaye pendant la guerre

La médiathèque a travaillé en novembre sur la deuxième guerre mondiale dans le Morbihan en général avec l’exposition des Archives Départementales et sur le coin d’Allaire en particulier grâce à la venue de Laurent Guillet qui nous a présenté ses nombreux livres sur le sujet. Plusieurs de ces livres se trouvent à la médiathèque, n’hésitez pas à les emprunter !
Une rencontre passionnante a eu lieu avec Jean Noury (1933) , Marcel Baron (1934) ,Pierre et Marguerite Niol (1925), Michel Josso (1935) , René Monnerais(1924) ,Danielle Maurice (1945), Ernest Jounier (4 mars 1934 natif de Béganne), René Le Coustumer (3 juin 1926, originaire de Mûr de Bretagne, arrivé en 1953 à Allaire) .

Celle-ci a été enregistrée.
Un moment passionnant où des témoignages locaux poignants sont apparus. Des lettres nous ont été prêtées, des souvenirs de gosses ont été enregistrés. Nous réfléchissons à en faire un petit fascicule.
Parmi ces témoignages, nous vous présentons la démarche de Mr Le COUSTUMER, alors Président de La Bousselaie dans les années 2000  interpellé sur la présence d’un enfant juif à la Bousselaie pendant la guerre.
Il nous a présenté son dossier papier, copie de courrier etc…
LES ENFANTS CACHES pendant la guerre :

Il a engagé des démarches vers les années 2000, suite à une demande de l’association « Mémoire,Morbihan, Yzkor » :
3 courriers – à Mme Boudaliez résistante du Pays de Redon et à Sœur Marie-Geneviève, amie des filles de Mr Sébilleau et à une Mme Epelbaum
Puis en 2005 à la mairie de Saint-Nicolas de Redon qui mettra un article dans le bulletin municipal pour rechercher les familles d’accueil.
La famille a en effet séjourné chez MME Jeanne Gautier décédée en 1946.
Un autre témoignage apparaitra d’un Mr qui jouait avec Léonard au damier en 1941.
« Léonard était fort. Une voiture noire a embarqué Mme Eppelbaum et Léonard. C’était des juifs aisés (fourreurs ?)… »
Reste à savoir si la dénonciatrice a été jugée…
Puis par le miracle d’Internet, j’ai trouvé ces informations sur le site :
http://peterstaaden.de/ilanbraun/body_shoah_en_bretagne.htm

La famille E. s’installe en avril 1942 à Saint-Nicolas-de-Redon. Leur vie sera bouleversée par la dénonciation du père, Moszeg, arrêté puis déporté en mai 1944. Affolée, la mère et ses deux enfants, Denise et Léonard, âgés respectivement de 4 et 10 ans, fuient et tentent de trouver un refuge dans les fermes avoisinantes. Rivka E. réussira à contacter un industriel, M. Gaston Sébilleau, un ancien mutilé de guerre qui est directement impliqué dans une filière d’évasion de prisonniers de guerre. Ce dernier se met en rapport avec un prêtre, le Père Le Cadre, qui va organiser ce sauvetage.

Le journal, tenu par l’une des sœurs de cet établissement, nous précise la situation :
« Avril 1944 : M. Sébilleau, de Redon, nous amène un enfant juif qu’il faut soustraire aux Allemands. Il y va de sa vie. Pas de dossier, pas de carte d’alimentation. On le dira abandonné, enfant trouvé.
Ces amis de Redon, industriels en bois bien connus, nous arrivent donc en voiture à 11 heures et déclarent « Une famille juive est recherchée par les Allemands. Le père, tailleur à Saint-Nicolas-de-Redon et réfugié, a été dénoncé par une voisine française et emmené dans un camp de concentration. Il reste la mère et deux enfants, une fille, Denise, et un garçon, Léonard.
La mère en détresse est venue demander secours chez nous ce matin parce que nous nous occupions des prisonniers. Placée dans une ferme, elle a du fuir, dénoncée par la même Française que son mari et chercher un refuge dans une autre ferme. Denise, 4 ans, est placée chez les Sœurs de Saint-Vincent-de-Paul. Reste le garçon qui est trop exposé chez moi. Voulez-vous le prendre ? La maison encoure un grand danger ! Réponse : oui, mais l’enfant changera de nom ! On ne peut refuser. Une heure plus tard, le garçon arrive à La Bousselaie, sous le nom de Louis Durand.
S’il y a recherche, Mère dira qu’il est arrivé, errant, sans papier, sans carte d’alimentation. Evidemment, il n’est pas baptisé. Loulou (NDA : son surnom) ne va pas en promenade avec les autres. S’il voit arriver des personnes qu’il a connues à Saint Nicolas, il se dissimule dans la chambre de Mère. Il a dix ans et se rend compte de la situation. Jamais il ne parlera des siens à ses camarades, ni aux Sœurs, et le secret sera bien gardé.
Fin juin 44 : Un dimanche, après les Vêpres, arrive l’espionne de saint Nicolas qui a dénoncé la famille juive. Elle vient pour voir Léonard. Dès que l’enfant l’a reconnue, il court se cacher. Sa sœur était justement, ce jour-là, à La Bousselaie ! Nous nions sa présence chez nous mais jugeons plus prudent de transporter plus loin les deux enfants. Le soir à 7 heures, Mère part en voiture à cheval avec Madame Gaudin de Langle et emmène les petits à Fescal, en Péaule. Ils y resteront jusqu’à la Libération et reviendront alors à La Bousselaie. Ils ne reverront jamais leur père, passé au four crématoire. Ils seront baptisés tous les deux le 13 janvier 1945, à Redon, et reprendront leurs noms véritables,E.
L’auteur a retrouvé Denise, qui demeure traumatisée par cette terrible expérience. Ses blessures guériront-elles un jour ? On oublie trop souvent ces jeunes d’alors qui ont vécu ces moments, ces séparations qui les ont isolés totalement du reste de la société. Eux aussi sont des victimes de la barbarie nazie. Meurtris, non en leur corps, mais dans leur âme. Ils n’oublieront jamais !
J’espère que cette évocation d’un fait d’histoire locale vous aura autant intéressé que moi. ! La comparaison de la recherche d’information entre les années 2000 et aujourd’hui nous montre combien Internet facilite la recherche d’information …
N’hésitez pas à faire parler les plus de 75 ans, il est grand temps de récolter leur parole et leur souvenir !

Brigitte Hascoët et Yann Rollet

Publié dans Entretiens avec le CLARA, La Guerre 39-45 à Allaire | Laisser un commentaire

Les Moulins d’Allaire par Georges LE CLER

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Causerie sur les Moulins d’Allaire à la médiathèque le Samedi 28 Mai 2011

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